Parce que “au moins il t'en reste un” n'est pas une consolation. Parce que “c'était tôt” ne veut rien dire. Parce que le deuil périnatal mérite mieux que le silence.
En France, chaque année, des dizaines de milliers de parents vivent une interruption spontanée de grossesse (“fausse couche”), une interruption médicale de grossesse, une mort fœtale in utero, un décès néonatal.
La plupart rentrent chez eux sans accompagnement structuré. Sans qu'on leur ait expliqué ce qu'ils allaient traverser. Sans espace pour dire ce qu'ils ressentent vraiment — la culpabilité, la colère, la tristesse.
Le deuil périnatal est l'un des deuils les plus invalidés de notre société.
On minimise la perte parce qu'elle est "précoce". On presse les parents de "tourner la page" parce qu'on ne sait pas quoi dire. On isole celles et ceux qui portent cette peine, faute de mots pour en parler.
rose care est née de ce constat. Pas pour remplacer les professionnel·les de santé mentale. Pour combler l'espace entre la sortie de maternité et le premier rendez-vous. Entre deux séances. Entre deux moments où quelqu'un est disponible. Pour les 3h du matin, les anniversaires de terme, les jours où tout le monde a l'air d'être passé à autre chose — sauf toi.
Pourquoi moi, pourquoi maintenant
En avril 2018, ma fille Romane est née sans vie, à 39 semaines et 4 jours de grossesse.
Dans les mois qui ont suivi, j'ai cherché quelque chose qui m'aide à traverser ça. Un espace qui comprenne ce que je vivais sans que j'aie à tout expliquer. Des mots qui donnent un nom à ce que je ressentais — la culpabilité, la colère, l'amour immense pour une enfant que je n'avais pas pu ramener à la maison.
Je n'ai pas trouvé grand chose.
Des années plus tard, en accompagnant des amies proches qui vivaient la même chose, j'ai réalisé que rien n'avait vraiment changé. La douleur était là. L'incompréhension aussi. Et surtout — cette solitude particulière du deuil périnatal, le sentiment que cette perte-là n'a pas de place dans les conversations ordinaires.
On parle de santé mentale. Rarement de santé mentale périnatale. Et presque jamais de deuil périnatal. Concernant l'accompagnement des parents qui vivent un arrêt de grossesse — peu importe le stade, peu importe la raison — c'est le vide.
Une application ne brisera pas cette solitude. Mais elle peut réduire l'isolement. Donner des ressources fiables au bon moment. Dire aux parents qu'ils ne sont pas seuls, et que ce qu'ils ressentent — même ce qu'ils n'osent pas dire à voix haute — est légitime.
rose care, c'est ce que j'aurais voulu trouver quand j'ai perdu Romane. Et quelques mois plus tard, quand j'ai attendu mon fils avec l'angoisse sourde que ça recommence.
Marion Hoarau
Fondatrice de rose care
Crédit photo @ypol.photographe
La mission de rose care
Toute perte mérite d'être reconnue.
La douleur ne se mesure pas en semaines d'aménorrhée. Elle se mesure à l'amour qu'on portait déjà.
Le deuil n'a pas de calendrier.
Il n'y a pas de délai raisonnable pour aller mieux. Pas d'étape à franchir dans l'ordre. Chaque parent fait comme il peut, avec les ressources à sa disposition.
Le soutien émotionnel n’est pas un luxe
En France, l'accès aux psychologues spécialisés en deuil périnatal est insuffisant, inégal, et souvent trop tardif. Un outil numérique ne résout pas ce problème — mais il peut réduire le vide.
Les professionnel·les de santé ont besoin de soutien aussi.
Accompagner des parents en deuil périnatal est éprouvant. Les sage-femmes, gynécologues et psychologues font face à des situations pour lesquelles ils et elles ne sont pas toujours formé·es. rose care est conçue pour s'intégrer à leur pratique, pas pour la contourner.
La rigueur scientifique et l'humanité ne s'opposent pas.
Chaque contenu de Rose Care est conçu avec des professionnel·les. Chaque mot est pesé. Parce que sur ce sujet, les formulations maladroites ne sont pas anodines — elles peuvent blesser autant que le silence.