Sabrina: “le plus dur, c'est d'être en congé maternité sans mon bébé.”

Sabrina attendait Ayden, un bébé surprise découvert à 41 ans, quatorze ans après sa dernière grossesse. Il est né à six mois, à la suite d'un hématome rétro-placentaire, et n'a pas survécu.  

Je suis Sabrina. J'ai appris ma grossesse à 41 ans, un bébé surprise, en novembre. Nous avons décidé de le garder, très heureux d'avoir un autre petit garçon. Les premiers mois ont été supers, les échos aussi. Des maux de grossesse, sans plus. J'ai effectué mon écho de contrôle le 17 mars, tout allait bien.

Le 27 mars, tout a basculé

J'ai eu des douleurs comme des brûlures dans le ventre, intensifiées vers minuit. Je m'apprêtais à aller aux urgences, pas eu le temps : hémorragie chez moi. Les secours sont arrivés au bout de 30 min, le trajet a été insupportable. Une écho et un monitoring : le cœur de bébé battait faiblement. J'ai eu une césarienne en urgence, code orange. Lors de mon opération, on m'a dit que bébé n'a pas survécu. Je l'ai aperçu, j'étais à 6 mois de grossesse. Il a été révélé que j'ai fait un hématome rétro-placentaire. Apparemment, cela ne pouvait pas être vu avant, cela peut arriver à tout moment.

Mon petit Ayden est né et a perdu la vie à 5h34, il pesait 800 g et mesurait 31 cm. Après l'effet de l'anesthésie, je me suis rendu compte que mon bébé n'était plus là. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Cela a été dur de gérer ses funérailles à distance, j'étais encore à la maternité. Tant la douleur était physique et émotionnelle. J'en voulais à la vie de m'avoir pris mon bébé. J'ai été très épaulée par le personnel. Il a eu un bel hommage et un lieu pour se recueillir, que je décore à notre goût.

Il m'a apporté 6 mois de bonheur, de connaître une grossesse 14 ans après la dernière.

Faire vivre sa mémoire

Pour ce qui est du deuil périnatal, je ne connaissais pas avant que cela nous arrive. Je me bats maintenant pour reconnaître le deuil, moi j'en parle régulièrement. Je fais naître mon fils à travers ses photos. Je fais partie de groupes et j'ai adhéré à une association qui fait des événements et des objets afin de ne pas oublier leur mémoire, pour qu'ils ne soient pas oubliés. Ce qui m'a aidée, c'est le soutien de connaissances et de quelques proches. Et d'avoir assisté pour la première fois à la fête des parents organisée par l'association, où l'on partage un moment de recueillement pour nos anges, et la compréhension.

Mes deux premiers mois ont été très compliqués, je pleurais beaucoup. Je commence tout doucement à m'apaiser, à revivre normalement. Il est toujours dans mon cœur et mon esprit, j'y pense tout le temps. Je vais me recueillir tous les jours.

Le plus dur pour moi, c'est d'être en congé maternité sans mon bébé.

Précédent
Précédent

Amandine : “J'attendais simplement que la sentence tombe.”

Suivant
Suivant

L'histoire de Marine, racontée par Barbara